La anguillara dont je me rappelle |
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Je me rappelle très bien les battailles combattues entre quartiers, avec les armes plus étranges: frondes, sarbacanes, fusils construits avec des feuilles de palmiers et de vieilles chambres à air ayant appartenu à des vélos encore plus vieux, dont le bon “Totì”(1) nous faisait cadeau en ralant. Les matchs de foot singuliers, à la “Gallinara”(2) ou “all’arturione”(3), qui nous occupaient de l’aube au crépuscule. Des parties épiques se prolongeaient jusqu’à la nuit dans l’espoir d’un match nul. Les assaults pour la conquete de la “cabane chinoise”(4), que se disputaient les “Avallanesi” et les “Sanfrancescani”. |
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Les journées passe à la “Gallinara”, à jouer aux billes, notre vocabulaire apparemment incompréhensible , mais qui constituait notre patri moine génético-dialectal, aujourd’hui disparu. Des dixaines et des dixaines de jeux, parmi lesquels, stuzzicarampichì, scarchibotto, quattro cantoni, ecc., jeux désormais oubliés, qui nous occupaient des journées entières et animaient et rendaient joyeux et animé le vieux centre ville.
1) Oto Manzotti
2) Place de la jetée
3) Tour médiévale qui domine la ville
4) Pergola à monte le forche démolie depuis peu. |

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Les femmes
Je me rappelle avec joie les années de l’adolescence, l’époque à laquelle le coeur de mon village pulsait encore de vie. Les ruelles étaient de petits mondes à découvrir, les petites rues tortueuses qui portent au lac faisaient écho aux chansons des femmes devant les fourneaux ou occupées à étendre le linge aux fenetres. Les cris des mères aux enfants qui jouaient au gendarme e au voleur, bruyants comme une troupe d’hirondelles, qui courraient à perdre haleine dans les escaliers de la Via Garibaldi. Les meme femmes qui lavaient le linge au lac ou au lavoir, et avec les paniers de linge sur la tete, rentraient à la maison, fatiguées mais satisfaites, toujours prete à se rassembler pour bavarder. Des femmes merveilleuses qui, durant la semaine de paques, se dédiaient à faire les gateaux, et surout les célèbres “pizze di Pasqua”.Ces “pizzas” qui, la nuit sainte étaient posées sur des plateaux sur leurs tetes, dans un va et vient frénétique, parcouraient les ruelles, les places et les escaliers pour aller au four, et parfumaient l’air du village de parfums forts et sucrés que je ne pourrai plus sentir. Je regardais fasciné et aujourd’hui, au souvenir de ces nuits à la saveur douce et antique, je me rends compte que ce monde disparait lentement. Je glissais le long des murs pour profiter des parfums qui provenaient des cuisines, je me remplissais les narines en essayant de deviner le plat cuisiné.
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Les persone agées
Nos vieux, toujours assis devant la porte de la place, les visages brulés par le soleil, les mains déformées et séchées par le dur travail dans les champs ou sur le lac. “Cupella”(1), calme et réfléchi, le vulcanique “Pazzella” (2), “zi Biacetto”(3), taciturne et sérieux, le majestueux “zi Meo”(4), le sympatique “Muffetto”(5),“Cachì”(6), imposant et chenu, et d’autres encore que j’oublie. Je les écoutais, cherchant de comprendre chaque mot, j’essayais d’imaginer comment était Anguillara à leur époque. |
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Leur mort inévitable a laissé un vide profond, l’histoire, la tradition, la culture de cette communauté habitait leur coeur, s’animait dans leurs yeux profonds et expressifs, vivait dans leur souvenirs, dans leurs récits, toujours ponctués d’anectotes et de petites histoires du pays. Nous sommes les héritiers de leur amour pour la terre, notre engagement est de transmettre cet amour aux générations futures sans jamais oublier nos racines et notre histoire.
1) Antonio De Santis
2) Ippolito Pariciani
3) Biagio Catarci
4) Bartolomeo Fagiani
5) Eduardo Scirocchi
6) Gioacchino Catarci |
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Les pêcheurs
J’ai encore à l’esprit le souvenir des pêcheurs qui rentraient, confus dans les reflets du soleil couchant, avec les bateaux remplis de mulets, au point que le moindre mouvement les faisait glisser dans l’eau. Les jambes de “Ciufolò”(1), immergées dans le poisson jusqu’aux genoux, les barques liées les unes aux autres, et la joie des familles en attente sur la plage. Les lourds filets de pêche, étendus à sacher au soleil, accrochés d’un platane à l’autre, et les pêcheurs qui recousaient les déchirures avec des gestes lents mais résolus. Les “cuculli”(2) étendus sur la plage semblaient de longs serpents à la bouche énorme et nous entrions, risquant à chaque fois de rester accrochés, les barques sur la plage de la promenade étaient des cachettes parfaites à utiliser les soirs d’été où nous jouions à cache cache. |
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Mon ami “Righetto”(3), vieux loup d’eau douce qui me raccontait des histoires fantastiques sur le lac. Malheureusement il est mort trop tot et mon père et moi en avons beaucoup souffert. J’ai seulement l’espoir de réussir à transmettre à mes enfants l’amour profond pour cette terre, et tous les enseignements de mon père,puisqu’il n’a pas pu le faire lui meme.
1) Bruno Paolessi
2) filets montés sur de grands cercles de bois, avec un diamètre qui diminue petit à petit, pour former une queue fermée à l’extrémité qui emprisonne le poisson
3) Enrico Paris |
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